Thérapie de groupe
Texte d’après Thérapie de groupe de Manu Larcenet
© Editions Dargaud
Durée
1h30
Spectacle
tout public à partir de 13 ans
Compagnie
Jamais je ne dirai mon nom
Mise en scène et costumes
Pauline Rousseau
Avec Matthieu Bousquet, Apolline Clavreuil, Marie de Dinechin, Matteo Perez, Marion Rozé
Assistante mise en scène Agathe Peligry/ Régie son Sébastien Baltanis/Création sonore Louis Rousseau/ Création lumière Véronique Galindo/ Scénographie Pauline Rousseau, Mario De Miguel Condé/ Crédit Photos Rodolphe Escher/ Avec le soutien du Théâtre National de Bordeaux(TNBA)
Synopsis
À la manière de Manu Larcenet, Thérapie de groupe est une recherche poétique qui traite avec humour et dérision de l’erreur. Notre point de départ est la BD mais c’est aussi un collage de plusieurs ressources diverses.
Le doute fait mal. Il heurte, blesse, paralyse et semble intrinsèquement lié à l’âme humaine. Dans Thérapie de groupe, toute la poésie de cette incertitude est illustrée et plus largement la maladresse, les « non » aventureux, ce qui semble raté, minable ou ridicule. J’éprouve la nécessité de la voir sur une scène. Je veux parler de doutes, des recherches sans trouvaille et de la dépression qui en découle. En portant un regard particulier sur celles et ceux qui ont du mal à cohabiter avec eux-mêmes, je veux mettre en scène de vrai·es loseuses et losers. Celles et ceux qui restent à côté de la plaque et qui en deviennent viscéralement libres.
️️️ Le spectacle traite des troubles psychiatriques tel que la dépression.
Note d'intention
Le doute fait mal. Il heurte, blesse, paralyse, et semble inscrit au cœur de l’âme humaine. Socrate lui-même disait : « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien”. Dans la philosophie, le doute est reconnu comme une force de la pensée critique. Mais sur un plan intime, il dérègle, freine, épuise, jusqu’à la paralysie. Dans Thérapie de groupe, Manu Larcenet n’essaie pas d’en faire un principe noble ou héroïque. Il le montre pour ce qu’il est : une impasse grotesque, une mécanique intérieure absurde, une mélasse faite de petites défaites ordinaires. Il expose la maladresse, la peur, l’échec, le minable. Mais il le fait avec une intelligence rare : par l’humour, par l’autodérision, par la capacité à rendre le tragique légèrement ridicule sans l’édulcorer. C’est cette matière que je veux porter au théâtre. Parler du doute, de l'impossibilité de trouver, de la dépression qui en découle — non pas pour l'exorciser ou la résoudre, mais pour la donner à voir et à entendre dans toute sa crudité. Et pour en montrer aussi l’énergie souterraine. Car sous la panne, sous la chute, il y a un mouvement qui persiste : celui de continuer à chercher, même sans espoir. Ce n’est pas un récit de rédemption. C’est un état, une tension permanente, une lutte dérisoire mais réelle. Et c’est par l’humour que ce combat se raconte le mieux. Un humour qui ne nie rien du vertige, de la fatigue, du sentiment d’inutilité, mais qui en tire une forme de vitalité brutale. Rire du désastre, c’est déjà une manière de le traverser sans en faire un spectacle misérabiliste. C’est affirmer qu’il y a de la vie, même cabossée, même grotesque.
Je veux être du côté de celles et ceux qui ratent, qui doutent, qui n'avancent pas droit. Non pas pour les magnifier, mais pour leur rendre justice. Parce qu'ils racontent quelque chose de notre époque, de notre rapport au monde, à l’action, à la réussite. Parce qu'ils portent, sans le vouloir, une autre manière d’être vivant.
Pauline Rousseau
Metteuse en scène
